C’est une évolution profonde qui frappe la grande distribution à travers le monde! Les États-Unis est le pays le plus touché par cette mutation, et il y a fort à parier que le reste du monde suivra le même sort.

Etat des lieux.

Partout aux USA, le commerce de détail s’effondre; Sears , Macy’s et The Limited ferment de très nombreux points de vente et réduisent la voilure. Pour plus de détails sur ce point, je vous invite à lire le très bon billet de Michael Snyder qui traite du sujet. Aux Etats-Unis, depuis les fêtes de Noël, nous assistons déjà à un véritable bain de sang en matière de fermetures de magasins.

Les centres commerciaux ferment leurs portes car leurs taux d’occupation deviennent trop faibles. Walmart tremble et s’apprête à tomber. Ses acquis historiques et son volume lui permet encore de faire illusion, il ne fait aucun doute que nous ne verrons pas tout de suite la cure d’amincissement chez les plus gros.

Pourquoi ?

Brique par brique, Amazon invente la grande distribution du futur! Lisez l’article de Flore Fauconnier sur le journal du Net pour plus d’explication sur cette guerre stratégique.

Amazon, qui vient d’annoncer le recrutement de 100 000 personnes (vous avez bien lu, 100 000) dans les prochains 18 mois ne se contente plus du web et de sa plateforme, il descend sur le terrain et innove avec des magasins sans caisses (ici), sans fil d’attente afin d’offrir une expérience client unique.

C’est une marée qui déferle sur les centres commerciaux et la grande distribution traditionnelle qui n’a tout simplement pas vu arriver la vague gigantesque du commerce en ligne, engoncé dans un modèle archaïque d’une course au prix et à la marge.

Si les hypermarchés ont été le cimetière du commerce de ville, ils sont aujourd’hui eux-même victime de leur proposes barrières à l’entrée; mètre carré et parking ! Les géants du Net n’en ont cure!

D’ailleurs, si nous prenons en observation la France et la Belgique, les « drive » qui poussent comme des petits pains ne sont pas non plus sans poser des déficits de rendement aux grandes surfaces. Oui, le « drive » est plus facile, je ne me perds pas avec ma famille à passer dans des allées presque sordides … mais c’est une catastrophe pour les supermarchés ! Vous ne passez plus devant les têtes de gondoles, ni d’en l’allée centrale pour acheter des pesto à toutes les sauces pour la 6ième semaine italienne de l’année (entrecoupées par le le nouvel an chinois). Absence de crosselling, d’achat impulsif ou thématique. Les gondoles resteront à Venise, c’est sûr!

Sous nos yeux, les Mammouths de la consommation et les piliers du retail s’enlisent à une vitesse inquiétante. Le constat est sans appel, ni agilité, ni innovation.

Penser qu’internet est le seul coupable est un jugement hâtif et erroné.

Les familles s’engagent à consommer différemment, privilégier dans certains cas les circuits courts (connaissez vous les magasin D’ici? (www.d-ici.be) ). Ou encore, cette réflexion grandissante de penser la consommation comme un acte citoyen et de rejeter la consommation de masse.

Quelles conséquences ?

Les conséquences de cette mutation sont énormes, abordons en quelques-un.

  • Fonds de placement immobilier basé sur ces centres ? Quelle valeur à terme ?
  • Quels seront les prix ou les conditions générales de vente (et d’achat) de Amazon lorsque cette entreprise aura acquis un monopole ? Déjà le fournisseur est aujourd’hui rincé par les acheteurs rodés de la grande distribution, que dire lorsqu’il faudra se frotter au seul Amazon ?
  • Quid des traités commerciaux à l’échelle internationale ? Un pays sera-t-il de taille à affronter un géant commercial, qui plus est, abrité par un pays (Les Etats-Unis) reconnu pour ses relations internationales exigeantes.

Le plus gros problème se situe au niveau de l’emploi. Le retail occupe plus d’1 million de personnes. Un entrepôt Amazon, c’est 2 000 personnes à Noël !

Faut il être inquiet pour cette croissance de la déshumanisation des relations commerciales ? Oui, quand on pense que le secteur croit fermement en l’IA pour sortir de son marasme. Lisez l’excellent article de (encore!) Flore Fauconnier (ici)

Gageons que d’autres chemins seront explorés; tarification, gestion des stocks, recommandation de produits, A/B testing… Algorithmes et machine learning peuvent revisiter le secteur de la distribution sous toutes ses coutures.

Un doute ? éplucher les commentaires de cette conversation sur linkedin lancée par Pierre-Alain Baly! (ici)

Peut-on conclure en vous conseillant de ne pas investir ni dans les murs, ni dans les briques, ni dans le fond de commerce appelé à disparaitre ?

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